Bienvenue
Accès réservé

mercredi 19 décembre 2007

"Pour un contrat de rénovation" : le texte complet et les premiers signataires

Au-delà des responsabilités et des dysfonctionnements de quelque nature que ce soit, la défaite présidentielle de 2007, la troisième consécutive, renvoie aux lacunes fondamentales, idéologiques et programmatiques des socialistes français.

Malgré la mobilisation des jeunes, des cités, la reconquête d’une partie des votes populaires, nous n’avons pas répondu aux attentes essentielles des français : la protection face à la mondialisation, la préservation de la sécurité sociale, la juste répartition des revenus et des prélèvements, la place, la valeur et juste rémunération du travail, la garantie de la promotion individuelle, l’articulation des droits et des devoirs... Face à un Sarkozy organisant les divisions internes des couches populaires et moyennes, nous n’avons pas su proposer à l’ensemble de notre base électorale un nouveau pacte social et territorial fédérateur.

Suite

"Rien ne peut plus être comme avant !"

Les Français n’ont pas voulu que la gauche disparaisse. Lors du second tour des élections législatives, ils ont été des millions à nous donner encore une chance. Ce sursaut ne peut toutefois en rien dissimuler l’ampleur de la tâche exigée de notre parti. Son potentiel est immense, ses adhérents plus nombreux que jamais et pourtant, l’immobilisme demeure la tentation dominante. Riche de multiples talents, de plusieurs générations de militants et d’élus, le Parti du mouvement ne doit pas devenir aujourd’hui une machine à broyer les énergies neuves, comme l’issue du dernier Conseil national, plus que décevant, peut le laisser craindre. Pour combattre les idées claires de la droite dure, le PS ne saurait se contenter d’idées floues, de vieilles recettes. Pour mener une opposition combative, l’emporter aux élections locales en 2008 et 2010 et gagner en 2012, notre Parti n’a d’autres choix que d’engager une transformation profonde, une rénovation exigeante et sincère.

Disons le tout net : le processus proposé par la direction n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Il constitue la réplique pure et simple de la méthode déjà proposée en 2002. Comment dans ces conditions empêcher que 2012 ne connaisse les mêmes funestes résultats que 2007 ? C’est d’un changement beaucoup plus radical et beaucoup plus profond que nous avons besoin ! Et si cette exigence a été différée, elle finira par s’imposer. La condition en est simple : que toutes celles et tous ceux qui en ont assez des querelles de personnes, des luttes de clans et des ambitions présidentielles se rassemblent, non pour fonder un énième courant ou une énième sensibilité, mais pour ouvrir un dialogue franc, approfondi, sans tabou ni a priori, sur les causes de nos défaites et sur les moyens d’y répondre ; que toutes celles et tous ceux qui veulent d’abord répondre à la crise des idées, rebâtir un projet, réinventer un parti et une gauche modernes, oublient leurs différends, tirent partie de leurs désaccords, inventent un nouvel espace politique...

Venant d’horizons différents, assumant nos itinéraires, mais soucieux de leur confrontation créative, nous prenons nos responsabilités en décidant de travailler ensemble. A la différence de ceux qui s’expriment en fonction d’intérêts trop visibles ou d’ambitions trop prévisibles, nous annonçons aujourd’hui notre volonté d’entamer au service de la Gauche et du Parti socialiste, sans leader ni présupposés, un véritable travail de rénovation, sans lequel l’avenir du Parti socialiste serait déjà écrit. Nous invitons celles et ceux sui se reconnaissent dans cette démarche à un premier rendez-vous, le vendredi 20 juillet 2007 à Evry.

Signataires : Patricia Adam, Patrick Bloche, Christophe Caresche, Guillaume Garot, Louis Gautier, Jean-Patrick Gille, Gaëtan Gorce, Christophe Masse, Arnaud Montebourg, Pierre-Alain Muet, Christian Paul, Gilbert Roger, Marisol Touraine, Manuel Valls, Philippe Vuilque.

Après la présidentielle : le débat ... sur le blog RM !

Chut ! Silence ! On est en campagne pour les élections législatives de juin. Mais le feu couve sous la cendre. A l’épreuve de la défaite du 6 mai, les militants voient s’ajouter celle du retour de l’immobilisme de leur parti ... ou, pire encore, du faux unanimisme qui de synthèse molle en synthèse vide a conduit le PS dans l’état de délabrement qu’on lui connaît.

A l’heure ou les éléphants et les éléphanteaux (seuls l’âge et l’expérience ministérielle séparent les premiers des seconds) sont subitement tous devenus rénovateurs, le débat doit s’ouvrir, et pas seulement au fond des arrières salles de café. Le débat doit sortir à la lumière surtout dans la perspective du congrès du PS que nous voulons pour la fin de l’année.

Nous n’avons pas fait la synthèse au Congrès du Mans, et pour cela nous avons été mis au ban du PS, chassés des appareils et des investitures, comme s’il fallait effacer jusqu’au témoignage qu’une synthèse n’était pas la condition préalable de la victoire présidentielle.

Nous avons fait le choix de l’alliance pour l’investiture de Ségolène Royal lors de la primaire interne au PS. Nous avons fait campagne, intensément, aux côtés des milliers de militants qui s’étaient engagés en soutien à la candidate qui incarnait le renouvellement attendu par les Français. Nous avons salué les avancées du Pacte Présidentiel en regard du projet du PS. Ces avancées nous ont un peu plus engagé aux côtés de la candidate.

Cette belle campagne, dont il faudra faire aussi le bilan critique, nous avait presque fait oublier combien le PS, notre vieux parti, que nous aimons encore, s’était sclérosé, stérilisé, vitrifié. Lors du Conseil National du 12 mai le choc a été rude : les lumières de la campagne éteintes, le couvercle s’est refermé, la chape de plomb est retombée entre habiletés du premier secrétaire et montée en ligne des ténors. Chacun s’en est aperçu puisque très vite il a été évident que ça se passait ailleurs.

Le PS est confronté à plusieurs risques majeurs, parmi lesquels :

- la dérive vers le "socialisme municipal" : indifférent aux enjeux nationaux, parce que devenu incapable de les prendre en compte et d’être vraiment une force d’alternance, le PS risque de devenir un parti amortisseur, dans les collectivités territoriales, auxquelles la décentralisation transfère le "social", des chocs liés aux réformes engagées par la droite. la SFIO a connu cela, dans les années 60. Avant la fondation du nouveau PS en 1971. Le retour au second tour de la présidentielle, d’une candidature issue du PS, grâce à Ségolène Royal, la mobilisation de 17 millions d’électeurs, la reconquête d’une partie de l’électorat populaire, montrent que cette dérive n’est pas inéluctable. Il faudra plus qu’un sursaut pour l’empêcher ;

- l’absence d’idées : l’élaboration du projet, après le Congrès du Mans, l’a montré. Le PS n’est plus en capacité de produire des idées, il n’est pas non plus en capacité d’intégrer les idées venues d’ailleurs, qui pourtant existent en abondance. Le PS a oublié, en 10 ans, sa capacité à débattre, et à trancher. Et de surcroît il est affecté d’une grave myopie stratégique : il ne regarde pas ou plus la société française telle qu’elle est mais telle qu’il aimerait qu’elle soit. Sa sociologie, sa pyramide des âges, n’aident pas à opérer la révolution culturelle qui s’impose. Pourtant, dans d’autres pays, les partis de gauche ont su opérer leur métamorphose. Mais pour cela nous avons besoin de chercheurs et d’innovateurs et pas des clercs célébrant le rituel vide de sens que nous a livré le Conseil National de samedi dernier, où chaque orateur jouait son rôle traditionnel et convenu dans une distribution sans surprise. Pour vaincre cette inertie mortifère il nous faudra de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ...

- la victoire par défaut, forcément annonciatrice de reflux rapide et de déceptions profondes. La séquence 2002 - 2007 marquée par l’alliance oligopolistique entre éléphants autour des synthèses concoctées par le 1er secrétaire s’appuyait sur une option stratégique implicite : après le flux en faveur de la droite, il y aurait le reflux, l’alternance obligée, automatique. Il n’en a rien été : l’électorat a tué cette habileté, il a préféré le "sortant" parce que lui avait fait sa mue ... et s’est révélé pour une majorité nette de français, comme le plus crédible en regard de la demande de changement. Il est temps, plus que temps, de travailler à retrouver les fondamentaux des victoires politiques durables : rechercher l’adhésion à nos valeurs. Et ce n’est pas une simple question de programme politique, c’est une question qui a à voir avec la fameuse hégémonie culturelle dont Gramsci disait qu’elle précédait les victoires politiques.

Il est donc urgent de débattre, au risque de la "dispute".

Le débat sera le terreau préparatoire du Congrès que nous appelons de nos voeux avant la fin 2007. Ce Congrès lancera le travail de refondation intellectuelle, il faudra donc le refonder lui-même. Il sera aussi le moment d’émergence d’un nouveau leadership qui rompra avec l’ambiguité et les habiletés des 5 dernières années. Nous pourrons alors nous opposer, clairement, frontalement, à l’hyper présidence de Nicolas Sarkozy. Nous n’aurons pas trop ensuite de quatre années pour construire un projet alternatif à celui de la droite.

Pour que le débat sorte un peu plus encore des catacombes, nous mettons le blog RM à la disposition de toutes celles et tous ceux qui veulent s’en saisir.

Il y a deux manières de faire :

1) poster des commentaires sur les fils de discussion ouverts. Les commentaires sont modérés afin d’assurer le respect de la netéthique.

2) ouvrir un fil de discussion en proposant un billet à mettre en ligne. Il suffit de l’envoyer à l’adresse courriel de la rédaction du site :redaction@renover-maintenant.org

Montebourg au Conseil National du PS : "Il faudra donc faire preuve d’ingénierie politique, de créativité idéologique, et il faudra, c’est vrai, refonder."

Chers camarades, dans cette magnifique campagne qui laisse derrière nous des moments extraordinaires, nous avons vu, après les résultats de ce scrutin, réapparaître les deux France : à l’ouest, baignée dans la tradition démocrate chrétienne, plus urbaine, plus optimiste d’ailleurs, à l’est, la France, qui d’ailleurs avait voté non massivement au TCE, cette immense flaque bleue qui ensevelit d’ailleurs beaucoup de nos positions politiques, plus rurale, davantage périurbaine, et qui a fusionné et réalisé la fusion dans les urnes des trois droites.

Nous avons pu observer aussi les avantages stratégiques pris par nos adversaires, une organisation partisane quasi militaire autour d’un leadership de moins en moins contesté au fil du temps, une offre politique nouvelle à droite que nous avons su qualifier, mais que nous n’avons pas su vaincre. Saisissement de thèmes nouveaux. Positions politiques nouvelles, quand elles n’étaient pas dangereuses et provocatrices, jusqu’à l’atlantisme qui a été assez clairement assumé dans cette campagne. Une démonstration de puissance et de force dont nous n’avons pas pu offrir le pendant.

La droite n’est quand même pas, il faut le dire, sans contradictions et sans faiblesses. Nous avons pu observer les dérives démagogiques de l’adversaire, les promesses sans limite, et y compris sur le terrain social qu’il a cherché à occuper sur nos thèmes, il ne suffisait pas qu’il s’emparât de certains de nos symboles de nos grands dirigeants du siècle précédent, il est allé sur notre terrain, et y compris faire des propositions, et la question : est-ce qu’il y aura une opposition suffisante ? Nous disposons aujourd’hui d’une majorité UMP, 67 % des sièges, il suffira qu’une opposition suffisamment forte puisse mettre le doigt sur ces contradictions dès la campagne des législatives.

Préférence européenne et communautaire, comme il l’a affirmé, protection de l’agriculture et de l’industrie comme il l’a prétendu, ou adaptation du pays aux standards anti-sociaux de la mondialisation. Augmentation des plus petites retraites, plus 25 % a-t-il même déclaré pendant le débat, ou diminution des impôts, comme le bouclier fiscal en est la préfiguration, et réduction paraît-il de la dette.

Il faudra bien que nous soyons présents sur les failles politiques de ce qui pourrait, si nous n’y prenons pas garde, être, c’est vrai, certains l’analysent ainsi, je pense que nous pouvons encore avoir quelques doutes, un nouveau cycle politique dans le pays par rapport à la remise en question des compromis sociaux et politiques, notre premier secrétaire le faisait justement observer, noué il y a cinquante ans dans les accords passés avec le gaullisme dans la période de la Libération.

Il n’est pas certain, chers camarades, que l’esprit de la responsabilité individuelle, conçu par la droite comme le seul outil de régulation sociale sur les questions fondamentales mêmes de la protection sociale puisse convaincre durablement une majorité dans ce pays, qu’il est le salut dans un pays qui a besoin de politique, qui a un génie politique et qui est capable de maîtriser, il l’a montré dans son histoire, son destin en orientant des choix qui subissent et qui engendrent des efforts pour chacun de ceux qui appartiennent au pacte politique.

Pour cela, cela suppose, et c’est là la question de nos futurs débats après les élections législatives, nous avons évidemment à reconstruire nos positions politiques par rapport à la notion des garanties collectives que nous opposons et que nous offrons en face de cette exaltation de la responsabilité individuelle.

Nous n’avons pas été au clair et nous ne le sommes toujours pas, mais cela est notre travail, nous n’avons pas assez travaillé, c’est de notre responsabilité à tous, sur les questions de l’ampleur, de la quantité, du financement, et donc de la crédibilité de ces garanties collectives. Beaucoup ont rencontré dans cette campagne des citoyens qui nous disaient : « Je suis de gauche, mais je ne crois pas à ce que vous allez faire et ce que vous prétendez faire. Je suis de gauche, mais comment peut-on vous croire après ce que vous avez laissé comme héritage dont vous ne vous êtes pas vous-mêmes détachés ? Je suis de gauche, mais peut-être que je vais me laisser tenter par une alternative nouvelle, parce que vous-mêmes, vous n’avez pas fait sortir le papillon de votre ancienne chrysalide. »

Cette question, c’est la question de la rénovation qui travaille ce parti depuis le choc du 21 avril 2002, et sur lequel nous aurons besoin, je crois, il faut se le dire entre nous, de reconstruire notre crédibilité politique, position de fond après position de fond, et je suis d’accord pour que nous oubliions la question des slogans, des formules, comme le disait tout à l’heure Henri Emmanuelli, et que nous travaillons sur la question toujours des contenus et des points de rassemblement, à la fois sur notre droite et sur notre gauche, car je ne fais pas partie de ceux qui entreront dans la querelle des alliances, comme le disaient tout à l’heure un certain nombre d’entre nous, ce n’est pas le débat car nous avons besoin, non pas de l’un au détriment de l’autre, ou de l’autre au détriment de l’un, mais de l’un et de l’autre. Ce n’est pas fromage ou dessert, c’est fromage et dessert. Et c’est bien là le défi politique de nos travaux pour les mois à venir.

Il faudra donc faire preuve d’ingénierie politique, de créativité idéologique, et il faudra, c’est vrai, refonder.

Je veux dire un mot quand même, en rendant hommage à Ségolène Royal, sur les acquis de notre propre évolution, de notre propre transformation dans l’offre politique nouvelle qui s’est inscrite dans la campagne. La révolution démocratique à travers le projet de VIe République a bien progressé, les nouveaux outils de la régulation économique et fiscale sur lesquels nous avons là aussi un inventé un grand nombre de choses dans cette campagne, notamment l’analyse des deux économies, l’économie dominante et l’économie dominée, l’implantation, ce qui est nouveau dans l’offre des socialistes, des priorités écologiques, la réorientation du projet européen, la recherche de l’égalité réelle, notamment dans un certain nombre de domaines d’action publique, et notamment l’école.

Ce sont des acquis que nous devons conserver dans la campagne pour les élections législatives.

Je voudrais dire, en guise de conclusion brève, sur la nature de nos méditations collectives et ultérieures que, si la droite a montré la capacité à dégager un leadership surpuissant, nous avons, nous, en ce qui nous concerne, une forte propension à fabriquer des écuries qui entretiennent de sempiternelles et parfois artificielles divisions.

Nous avons besoin d’être capables, et y compris en réfléchissant sur nos propres modes de fonctionnement, sur l’élargissement à venir de notre outil, de l’instrument, comme disait Benoît tout à l’heure, de notre outil collectif, nous avons besoin de réfléchir à la construction et aux moyens par lesquels nous ouvrant sur la société, la gauche dans la société, qui nous a parfois fait défaut, la gauche de la société, qui elle-même ne s’est pas retrouvée dans l’offre politique que nous lui faisions, peut-être que la vitesse avec laquelle les transformations ont eu lieu ne les ont pas habitués à ne pas avoir de doutes à notre sujet.

Nous avons besoin de réfléchir à notre mode de fonctionnement, nos futurs statuts. Je rappelle que les Verts et le Parti communiste sont morts à petit feu de leurs statuts, il serait bon que nous en tirions de justes et raisonnables décisions. Ouvrons donc la porte ensemble, collectivement, à partir du monde tel qu’il est, qu’il a changé, les victoires idéologiques et culturelles de la droite, à la créativité, nous en sommes tous capables, et je crois que le reste viendra par surcroît.

Arnaud Montebourg - 12 mai 2007

"Consacrer désormais toutes nos forces à poursuivre la rénovation pour définir un projet de gauche adapté à la société d’aujourd’hui "

En obtenant Dimanche 47% des voix dans un scrutin présidentiel marqué par une participation électorale record, Ségolène Royal a réussi, dans des conditions très différentes, à repositionner la gauche au niveau où Lionel jospin l’avait placé aux présidentielles de 1995. Beaucoup, comme nous tous, seront déçus par un résultat dont ils attendaient beaucoup plus, espèrant la victoire. Mais peut-on considérer comme une "terrible défaite", selon les mots même d’un procureur indécent qui n’a pas attendu 5mn après 20h, dimanche soir, pour prononcer son réquisitoire, ce qui finalement n’est que le résultat tristement logique d’un parti socialiste dont nous avons si souvent dénoncé les conservatismes et le manque d’audace.

Rendons donc d’abord et avant tout justice à Ségolène Royal des changements considérables qu’elle a imposé aux socialistes dans sa campagne de modernisation accélérée : Révolution démocratique avec la VIème République, nouveaux outils de régulation économiques et fiscaux, priorité écologique, redéfinition et réorientation d’un projet européen protecteur et volontaire, ambition pour l’égalité scolaire, parité authentique. Sur tous ces points, Ségolène Royal aura imposé en 6 mois au parti des avancées pour lesquelles nous nous battions depuis 5 ans sans succés. Il faudra d’ailleurs rappeler à ceux qui ont la mémoire courte et dénoncent les errements de la période 2002-2007 que nous avons eu la constance de refuser la paresse idéologique et doctrinale dans laquelle nous ont enfermés les congrès de Dijon et du Mans et que nous n’avons jamais abandonné nos combats pour quelques responsabilités d’appareil. Cela nous rend plus fort pour soutenir le début de rénovation engagée par la campagne de Ségolène Royal, consacrer désormais toutes nos forces à la redéfinition d’un projet de gauche adapté à la société d’aujourd’hui et souhaiter vivement que Ségolène Royal fasse le choix de s’y investir, quels que soient les choix difficiles qu’il faudra assumer.

Car la rénovation d’un appareil sclérosé par 10 ans de gestion de compromis misérables sera tache difficile. Elle impliquera de s’ouvrir puissamment sur la société, d’associer à notre réflexion intellectuelle, hommes et femmes de gauche d’autres formations politiques et d’inventer le cadre politique de ce travail d’envergure. Le Nouveau parti socialiste ? C’est toujours notre démarche, l’intention d’alors est désormais evidence pour tous. Mais il y a dejà urgence car 5 années, c’est court. Prendre la mesure véritable de l’etat de la société et des aspirations des citoyens, définir un projet ambitieux et crédible, rénover les pratiques et les équipes, bref rattraper le retard strategique considérable que nous avons pris vis a vis de la droite nécessitera beaucoup de temps, qu’il faudra accomplir dans un delai record ! Il faut donc engager ce travail sans attendre, un congrès de la rénovation, pouvant se muer en assises de la gauche rénovée, devra donc se tenir d’ici la fin de l’année. Nous n’accepterons pas les tergiversations qui, visant a reporter l’inventaire des raisons de la défaite, auraient pour conséquence de faire en sorte que rien ne change. On ne rejouera pas 2002 en 2007.

Pas plus qu’on ne doit changer l’objet de la réflexion. Déjà, les plus fatigués du travail politique nous invitent a engager une réflexion sur notre stratégie d’alliance. "A gauche toute" disent les uns ; "avec le centre" déclarent les autres ! Ce n’est pas ainsi que nous concevons la rénovation. Il serait d’abord stupide de devoir choisir l’une ou l’autre de ces stratégies. Un parti socialiste rénové devra pouvoir rassembler a sa droite et à sa gauche, faute de quoi il serait condamné a dépérir au bénefice de formation plus jeunes et plus audacieuses. Mais surtout, la stratégie d’alliance n’est que l’aboutissement de la reflexion programmatique, en aucun cas son préalable. Quand nous devons repenser nos objectifs politique et nos outils, il faut d’abord investir toute son énergie sur le projet. Viendra ensuite la stratégie d’alliance et les eventuels compromis.

"Rénover maintenant !" écrivions nous apès le Mans. C’est toujours et plus que jamais notre projet après la défaite. Mais ce combat dépasse désormais notre seule sensibilité. Il doit devenir celui du parti tout entier, voire celui de toute la gauche de gouvernement. C’est désormais a cela, plus qu’aux vaines querelles d’appareil, que nous devons nous consacrer.

Thierry Mandon et Arnaud Monebourg

Le discours d'Arnaud Montebourg du 2 mars au Transbordeur

Après de long moment de montage et de paramétrage voivi le discours d'Arnaud%%%

La lettre N° 9 de RM est en ligne

Pour lire la lettre N°9 : __ CLIQUEZ ICI__

"La lepénisation du discours de Nicolas Sarkozy est en marche. Il est manifestement un candidat à la dérive" selon Arnaud Montebourg

Nicolas Sarkozy, en prônant la création d’un "ministère de l’immigration et de l’identité nationale", s’est attiré les vives critiques de ses adversaires politiques et des associations qui y ont vu un appel du pied à l’électorat FN, à six semaines du premier tour.

"Je veux un ministère de l’immigration et de l’identité nationale", a annoncé jeudi soir le candidat UMP lors de l’émission "A vous de juger" sur France 2.

La proposition a été dénoncée dès jeudi soir par le PS, pour qui le ministre de l’Intérieur "laisse entendre que l’immigration est une menace potentielle pour la culture française". Le PS a demandé vendredi à M. Sarkozy de "revenir sur cette proposition" et "reconnaître son dérapage".

Le numéro un PS François Hollande a enfoncé le clou : "Je crains vraiment que dans cette campagne Nicolas Sarkozy soit dans un flirt poussé avec les thèses du Front national".

Le candidat UDF, François Bayrou, a renchéri, estimant "qu’en enfermant dans la même phrase immigration et identité nationale", Nicolas Sarkozy a franchi "une frontière". En meeting à Perpignan vendredi soir, M. Bayrou a jugé que "l’identité nationale de la France, elle a un nom, c’est la République".

"On ne mélange pas dans le même ministère immigration et identité nationale. D’abord on ne fait pas un ministère de l’identité nationale. On ne fait pas un ministère de la France", a-t-il dit.

"Les masques tombent : Nicolas Sarkozy est dangereux pour la démocratie et pour les valeurs de la République", a estimé la candidate PCF Marie-George Buffet, pour qui "accoler immigration et identité nationale renvoie aux épisodes les plus sombres de notre histoire".

Face à ces critiques, la porte-parole du candidat UMP, Rachida Dati, a fait valoir que "il n’y a rien de choquant, ni aucune connotation à immigration et à identité nationale".

Vendredi, le candidat de l’UMP s’est lui-même défendu devant la presse contre ces "mauvaises polémiques" car l’identité française, ce n’est pas un gros mot".

"L’Histoire de France, la fierté d’être Français, l’identité française sont au coeur de la campagne électorale", a-t-il ensuite affirmé lors d’une réunion publique à Caen.

L’idée de ce nouveau ministère a été approuvée par Jean-Marie Le Pen qui voit là "une petite opération de racolage sur les terres du FN".

Elle a en revanche suscité l’indignation d’associations. La Ligue des droits de l’homme s’est déclarée "scandalisée" par cette proposition, qui "constitue un appel de pied supplémentaire à l’extrême droite".

SOS Racisme a regretté que "l’immigration serve à nouveau de lamentable épouvantail aux échecs et aux failles du passé" et affirmé que les candidats à la magistrature suprême "ne doivent pas divertir les citoyens en flattant les plus bas instincts d’une partie d’entre eux".

Dans la même veine, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) affirme que Nicolas Sarkozy "n’a pas utilisé ces termes par hasard" et qu’en associant ces termes, "il libère la parole et l’idéologie raciste, il menace gravement la cohésion nationale".

"Visiblement, Nicolas Sarkozy entreprend la danse du ventre devant l’électorat de Le Pen", ironise le Réseau éducation sans frontières, voyant comme "ministre de l’Identité nationale" Johnny Hallyday, soutien de Nicolas Sarkozy qui s’est installé en Suisse tout en demandant la nationalité belge.

Samedi, Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal, a estimé que "la lepénisation du discours de Nicolas Sarkozy est en marche" et que "la question des contreparties politiques aux parrainages donnés à Jean-Marie Le Pen est désormais posée".

"Nicolas Sarkozy est manifestement un candidat à la dérive", a estimé le porte-parole de la candidate socialiste à la présidentielle dans une déclaration à l’AFP, suite à l’annonce du candidat UMP de son projet de créer s’il est élu "un ministère de l’immigration et de l’identité nationale".

Pour le député de Saône-et-Loire, "la question des contreparties politiques aux parrainages donnés à Jean-Marie Le Pen est désormais posée". Au début de la semaine, M. Sarkozy avait indiqué qu’il se "battrait" pour que M. Le Pen -et Olivier Besancenot (LCR)- puissent être candidats.

"A quand l’arrivée de la famille Le Pen au gouvernement et au pouvoir dans les wagons du sarkozysme ?", se demande M. Montebourg.

Dépêche AFP du 10.03.07 titrée : Ministère de "l’immigration et de l’identité nationale" : tollé contre Sarkozy

Le financement du pacte présidentiel de Ségolène Royal

Vous trouverez ci après un document précisant les modalités de financement du pacte présidentiel de Ségolène Royal

Bonne lecture

__ CLIQUEZ ICI__

Meeting de campagne dans le rhône avec Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg tiendra un meeting de campagne sur l'invitation du Président du comité de soutien de Ségolène Royal dans le Rhône, Gérard Collomb. Vendredi 2 mars à 19h00 - salle le Transbordeur - 3 Bd Stalingrad Lyon Villeurbanne

VENEZ NOMBREUX - Pour tous renseignements prendre contatc avec RM69

Pour télécharger le Flyer d'invitation cliquez

L'inquiétante "rupture tranquille" de Monsieur Sarkozy

Vous pouvez télécharger le document réalisé par le Parti Socialiste en cliquant ICI

"Voitures brûlées : M. Sarkozy n’est pas dans l’honnêteté" pour Arnaud Montebourg

Le porte-parole de la candidate socialiste Ségolène Royal Arnaud Montebourg a accusé mardi le ministère de l’Intérieur de ne pas "être dans l’honnêteté" dans sa communication sur le nombre des voitures incendiées lors de la nuit de la Saint-Sylvestre.

"Nous observons cette année qu’il n’y a pas de légère décrue. Nous devrions terminer l’année à 40.000 voitures brûlées", a affirmé Arnaud Montebourg sur Europe-1. "Le ministère de l’Intérieur, pour s’en sortir, est en train d’inventer une astuce où il sort des statistiques les voitures qui ont été brûlées par propagation."

La place Beauvau a en effet annoncé lundi que 313 voitures ont été incendiées et que 84 autres ont été brûlées par propagation. L’année précédente, 425 voitures avaient été brûlées dans la nuit de la Saint-Sylvestre. "Le ministère de l’Intérieur n’est pas dans l’honnêteté par rapport au préjudice subi", a dénoncé le député de Saône-et-Loire.

Selon Arnaud Montebourg, cette question est "très importante" car "elle renvoie à la question du bilan" de Nicolas Sarkozy. "Nous sommes dans un état de violence latente qui ne cesse pas" et le ministre de l’Intérieur enregistre "des résultats qui sont catastrophiques", a-t-il estimé. "C’est tout à fait préoccupant car ce monsieur demande davantage de pouvoirs et nous voyons que ses résultats (sont) très mauvais".

Nicolas Sarkozy, qui inaugurait mardi matin le nouveau stand de tir du RAID (recherche, assistance, intervention, dissuasion) à Bièvres dans l’Essonne, s’est dit "désolé que le Parti socialiste trouve que ça ne soit pas bien que les choses se soient bien passées".

"Il n’y a pas de nouvelle méthode comptable", a répondu le ministre de l’Intérieur devant la presse. "On a fait exactement la même chose", a-t-il assuré. "Par souci de précision, on donne les chiffres des voitures brûlées et des voitures brûlées par propagation parce que ça n’est pas exactement la même chose".

"Il n’y a pas eu de problème dans les trains, les TER, les métros, il n’y a pas eu d’affrontement avec les bandes. Oui, ça a été une nuit calme. Chacun devrait s’en réjouir", a conclu M. Sarkozy.

dépêche Associated Press publiée par le NouvelObs.com

"Du bon usage politique de l’incivisme de Johnny" par Arnaud Montebourg, dans Libération du 2 janvier 2007

Bien sûr que l’indignation était nécessaire. Comment accepter qu’un artiste aussi incontestable que Johnny Hallyday exerce un chantage aussi contesté sur les choix redistributifs du législateur, en annonçant qu’il reviendrait en France quand son ami Nicolas Sarkozy accéderait enfin au pouvoir pour supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune.

Sait-il qu’en refusant de payer son écot aux besoins de la maison France, qui l’a élevé et chéri, il injurie tous les autres citoyens qui participent avec conscience au financement de l’intérêt général et qui paient leurs impôts sans sourciller et n’ont pas le loisir d’aller s’ennuyer à Gstaad six mois par an ? Il méprise aussi ceux qui n’ont pas d’autre choix que de payer les taxes qu’on réserve, et particulièrement ses amis de droite qui nous gouvernent, aux plus pauvres parce que ceux-là sont plus nombreux.

Cet incivisme est d’autant plus grossier que son auteur sait parfaitement demander et obtenir que ses spectacles itinérants soient subventionnés par les collectivités locales où il s’arrête : pour rendre accessible le prix de la place, les contribuables locaux paient, et Johnny encaisse les bénéfices qu’il veut maintenant faire échapper à la juste contribution de l’impôt. Avant de partir à Gstaad, Johnny devrait rembourser les caisses publiques pour, qu’avant sa fuite, il ait au moins désintéressé les contribuables qu’il prétend défendre.

Mais l’essentiel n’est pas là. Il est dans le fait, inaperçu dans cette affaire, que la Confédération helvétique pose autant de graves problèmes que Johnny lui-même. Sait-on que la plupart des sièges sociaux, centres de profits des grandes entreprises transnationales ayant leur activité en Europe (Hewlett-Packard, Gillette, Procter & Gamble, Ralph Lauren, Colgate Palmolive, Pfizer, Cisco, General Motors, Amgen, Biogen, Philip Morris, Medtronic, Iridian Technologies, entre autres), sont allés s’installer dans les républiques cantonales de la Confédération helvétique et particulièrement celle de Genève ? Ce sont des milliards d’imposition sur le capital qui sont partis en fumée pour les caisses publiques des Etats européens, obligeant ceux-ci à suivre le mouvement de baisse fiscale généralisée sur le capital dans toute l’Union, et ce afin de résister à cette concurrence fiscale dommageable, ou « dumping fiscal », et reportant la charge de la solidarité nationale sur l’imposition du travail. D’après la Confédération internationale des syndicats libres, ce seront bientôt 1 400 sièges sociaux qui partiront en Suisse, soit l’équivalent de 32 milliards d’euros de recettes fiscales sur les profits de ces entreprises.

La république de Genève propose aux sièges sociaux des entreprises un taux d’imposition de 6,4 % contre 33 % en France, 30 % en Angleterre, environ 30 % en Allemagne. Il est par ailleurs démontré que ce paradis fiscal pratique des taux d’imposition sur mesure, négociés préalablement avec l’entreprise et pour une durée préfixée et hors la vue de son propre parlement.

Pour quelle raison aucun des gouvernements européens n’a réagi contre ces pratiques prédatrices ? Car, en vingt ans, le taux moyen européen de l’impôt sur les sociétés est passé de 45 % à 30 %. Accepter la baisse continue des taux d’imposition sur le profit des entreprises, c’est accepter, en plus de la sous-rémunération du travail, la surfiscalisation de tous ceux, salariés, travailleurs indépendants, artisans, commerçants, retraités, qui ne vivent que de leur travail.

Les gouvernements libéraux européens, et particulièrement celui de Nicolas Sarkozy, loin de s’offusquer de cette perte de substance fiscale, s’appuient au contraire sur les basses pressions fiscales des paradis fiscaux voisins pour imposer à leur population par la pression de l’extérieur ce qu’ils savent ne pas pouvoir obtenir d’elle par son libre consentement. Ils expliquent sans cesse l’obligation de baisser les impôts sur le capital, la fortune et le patrimoine, afin, disent-ils, d’améliorer l’attractivité de leur pays sur le plan fiscal, justifiant ainsi les récurrentes hausses d’impôts indirects en tous genres qui frappent les petites bourses, une fiscalité accrue sur le travail ou des restes à charge pour payer la solidarité nationale dont les grandes entreprises ou grands patrimoines veulent s’exonérer.

Cette défense classique des privilégiés par l’extérieur nous rappelle avec saisissement la Révolution française faisant face aux cortèges d’émigrés, qui pour défendre les privilèges d’une noblesse dépourvue d’esprit national, ralliaient à Coblence les armées des monarques de l’Europe en lutte contre le sens républicain de l’Histoire. Cette situation explosive, créée par les pratiques prédatrices des paradis fiscaux sur le continent européen, sert à leur tour les privilèges contemporains des entreprises multinationales, de leurs actionnaires et des grands patrimoines, en contribuant à accabler d’impôts les autres couches sociales. Jusqu’où notre sens de la tolérance à l’égard de la Suisse, du Luxembourg, du Liechtenstein, de Monaco ira-t-il ? Car lorsque vous demandez des comptes à l’un de ces pays, il se réfugie derrière les pratiques similaires de ses congénères. Ne vaudra-t-il pas mieux assumer la confrontation inévitable avec ces territoires, comme le général de Gaulle sut le faire en décrétant en 1963 un blocus contre la principauté de Monaco qui dut ainsi plier l’échine devant les exigences fiscales que la République française avait mises sur la table.

Les gouvernements des Etats européens ne peuvent plus accepter les abus de voisins indélicats, comme la Confédération helvétique, qui prétendent nous donner des leçons de modérantisme fiscal, pendant qu’ils font financer leurs besoins par la richesse des autres, avec en prime captation et délocalisation comme méthode de prédation. Qu’ils nous prennent Johnny Hallyday ou Alain Delon, passe encore, mais la substance de nos gisements fiscaux, ceux-là même nécessaires pour alléger la charge du financement de la solidarité nationale pesant sur le travail, nous ne pourrons plus nous en laisser déposséder.

Les grands pays européens devront s’unir dans cette perspective afin de construire les conditions d’un changement radical de comportement de ces paradis à nos portes qui, si nous restons les bras ballants, nous préparent l’enfer fiscal.

Arnaud Montebourg

tribune publiée dans les pages Rebonds du quotidien Libération du 2 janvier 2007

Un nouveau bureau pour RM69

Le 12 décembre dernier l'Assemblée générale de RM 69 a élu les nouveaux memebres du bureau :

Philippe Tournebize : Président Chantal Lazartigue : Trésorière Guy Corazzol : Secrétaire général Laura Gandolfi et Agnès Millon : Secrétaires générales adjointes

L'ensemble des membres de RM 69 remercie Lilian Zanchi pour avoir initié et développé RM dans le Rhône. Aujourd'hui Député, il se consacre totalement à sa nouvelle mission et reste, bien evidemment membre de notre association.

Compte rendu de l'atelier de la rénovation sur l'Université du 26 septembre 2006

Cet atelier qui s’est déroulé le 26 septembre 2006 réunissait deux professeurs d’université,

Guy CORAZZOL introduit le débat en signalant en préambule que sur la motion NPS issue du congrès du Mans le sujet n’est pas très étoffé.

Guy Corazzol indique que, selon lui, se pose le problème du financement, en particulier les différences de budget imparti pour la formation d’un étudiant en université, par rapport, par exemple, à un élève des grandes écoles.

Pour Jean Michel Jolion,

Professeur à l’INSA de Lyon, il n’est pas convaincu que le problème de l’université soit un simple problème de financement. Il faudrait admettre que l’enseignement supérieur n’a pas vocation à accueillir tous les étudiants, encore faut-il que les étudiants aient un vrai projet professionnel, or à 18 ans est-ce le cas ? De plus la comparaison du coût de l’étudiant est un mauvais constat si l’on considère qu’un étudiant est un investissement.

L’enseignement supérieur a pour mission de renouveler les cadres dans tous les secteurs de la vie professionnelle. Il doit permettre aux étudiants de s’ouvrir sur le monde pour leur permettre de trouver un emploi en développant leur culture générale ou/et scientifique.

Si on compare avec les USA par exemple les missions sont totalement différentes, en particulier ils ne se posent pas la question de l’avenir de leurs étudiants.

En France l’Enseignement Supérieur (E.S.) se cherche dans une société de plus en plus complexe, dans la perspective de décloisonner, de répondre aux attentes d’un milieu industriel sans cesse transformé (apparition des services,..) les réformes naissent plus vites que les ministres et dans cet embroglio, on pourrait dire que l’on ne s’en sort pas si mal.

Par contre on n’offre pas à tous ces jeunes d’aller au bout de leurs projets car on est encore dans un système de réforme administrative, en vase clos, or les problèmes de l’échec, sont le logement, l’accueil qui ne sont pas, ou ne devraient pas être les missions des établissements. Il faudrait une vraie réforme de l’impôt, des budgets qui devraient être plus réactifs, minimiser la culture de l’individualisme.

Se pose également le problème de gouvernance : admettre un besoin de négociation, donner des pouvoirs aux présidents, leur laisser la possibilité de construire leur budget, gérer leurs postes, leurs emplois et une maîtrise de la GRH – Si on veut qu’ils rendent des comptes il faut s’en donner les moyens, en particulier limiter les mandats –

Le lien entre le secondaire et l’E.S. : Les étudiants vivent plus une orientation subie que choisie. Il faut rendre hommage au travail accompli par les IUT.

Il y a un vrai problème de culture – reprendre la loi Savary de 1984 – pas en attaquant sur le coût des étudiants, le détournement des carrières scientifiques – mais sur les missions – en mettant les moyens pour aller au bout des missions –

Il y a trop de gros blocs de gros centres : Grenoble Dans dix ans le pôle universitaire de Grenoble deviendra un « collège » ou un « Lyon 4 » mais est-ce une mauvaise chose ? A-t-on besoin de fac de partout, en multipliant les coûts d’infrastructure, d’équipement au détriment par exemple de logements étudiants ?

Pour Maurice GAILLARD

Professeur à l’Université il a le sentiment d’un vrai gâchis : si on se « gargarise » d’avoir pu absorber les enfants du « babyboom » on peut se poser la question des conditions dans lesquelles s’est faite cette insertion.

130.000 étudiants, on a multiplié par 6 le nombre d’étudiants, sur ce nombre combien arrivent au DEUG : 50 % ; combien sortent sans diplôme après avoir passé 4 ans et quelquefois plus sur les bancs de l’Université. Comment ne pas regretter cette déperdition de temps et d’énergie.

Un récent rapport de la cour des comptes sur la situation des universités, dont on peut noter un certain nombre de données objectives fait le constat que l’E.S. ne joue pas son rôle d’ascenseur social.

La proportion d’enfants d’ouvriers – d’employés est de plus en plus faible - dans la durée des études, ou certaines filières - : médecine attire principalement les classes sociales privilégiées.

Le pays doit prendre conscience du retard des moyens mis dans la formation universitaire – mais l’administration doit se réformer car des choses frisent l’aberration : qu’une université ne fonctionne que 8 mois sur 12 ?

Même si les personnels sont présents plus longtemps les étudiants, eux, on ne s’en occupe que 8 mois sur 12. Comment financer des structures si peu utilisées Comment rééquilibrer socialement : - revoir le système de bourses - revoir le statut des enseignants chercheurs

Comment un enseignant chercheur peut préparer correctement un étudiant à la vie active quand lui-même ne la connaît pas ?

Dans une carrière d’enseignant chercheur il n’y a pas obligation de mobilité, de passage à l’extérieur de l’université. Ils ne bénéficient pas non plus de formation à la pédagogie. Face à des étudiants de plus en plus demandeurs cela est difficile.

L’évaluation :

Il n’y a pas d’évaluation, surtout pas d’inspection car intentatoire à la déontologie des enseignants. Pourtant il serait légitime d’instaurer une évaluation sur les prestations des enseignants chercheurs.

On constate également une tendance des étudiants à prolonger leurs études = on n’y va plus seulement pour la maîtrise mais pour le master – les ingénieurs par exemple rajoutent à leur cursus un master de gestion .

Les étudiants restent dans le milieu privilégié de l’université qui les rassure car ils ont   peur de la confrontation avec le monde extérieur ; on doit les aider à en sortir car il est très malsain d’y rester aussi longtemps.

Aux USA on demande aux étudiants de niveau Licence de partir à l’extérieur pour revenir ensuite terminer leur formation. Des pays européens comme l’Espagne préconisaient également cette démarche le problème est de ne pas récupérer des étudiants qui s’insèrent dans le milieu professionnel et ne vont pas au bout de leur diplôme ce qui peut leur être préjudiciables par la suite.

Sur une question visant à demander si des réformes non seulement touchant les étudiants mais aussi les personnels avaient des chances d’aboutir, JM Jolion pense que c’est un milieu « raleur » mais ce sont de parfaits petits soldats. Dans toutes les réformes on trouvera des gens qui vont se préserver des avantages acquis, mais il n’est pas évident que les étudiants suivent, de toute façon il y aura des états transitoires. Pendant 4 ans il faut bien reconnaître que les étudiants vont « essuyer les plâtres ».

Pour M. Gaillard, l’analyse est différente. Hors les formations scientifiques, dans l’université la tendance est très « corpo », les syndicats ont disparu, ce qui n’est pas le cas dans le 1er et le 2nd degré. La réforme devrait venir du politique, mais la gauche n’est pas en état de la faire, dans la mesure où elle s’attaque à son électorat. ce serait plutôt la droite qui fera des réformes mais pas celles que l’on souhaite.

JY Tousaint, Professeur INSA de Lyon en Sciences humaines : on a envie que cela change la dernière réforme initiée par Allègre aurait pu mieux « passer » s’il avait fait preuve de plus de diplomatie et de plus de considération à l’égard des enseignants. Il faut reconnaître que malgré l’enfer que représente pour certains professeurs l’exercice de leur métier, cela marche. Si on regarde les missions de l’enseignement supérieur : les institutions sont contre-productives, les enseignants ne remplissent pas toutes les missions pour lesquelles ils sont payés…. On doit former des gens qui sont éduqués –

Une remarque également pour dire que l’on doit former des personnes autonomes, sur le plan de leur personnalité –

Ceci est le cas, les étudiants n’ont jamais autant « bougé » même s’ils ne savent pas pourquoi ils sont là – ils suivent le flot.

Pour J.Michel Jolion les systèmes sont très divers. La réforme du LMD a mis en place beaucoup plus de passerelles encore faut-il qu’elles existent réellement – le problème est de donner les mêmes moyens à tous les établissements pour choisir leurs étudiants – par contre l’important c’est l’ouverture - c’est l’étudiant qui devrait choisir son cursus mais il ne sait pas le construire. Actuellement- les enseignants ne sont pas prêts car ils veulent garder la maîtrise « du guide ». Dans dix ans il faudra permettre à des jeunes de construire leur cursus.

Une idée grandit visant à demander que l’université donne une qualification professionnelle – c’est une idée fausse – L’université forme la personnalité des gens pour leur permettre de mieux s’intégrer sur le marche de l’emploi.

La réforme communément appelée « LMD » Licence – master – doctorat, issue du sommet de Bologne qui réunissait les chefs d’état et les ministres de l’enseignement de l’Allemagne, de l’Italie et de la France sont allés dans ce sens.

Il faut dire que la France, contrairement à d’autres pays a des formations courtes de très bons niveaux et correspondant aux besoins des entreprises : BTS, IUT (qui dépendent des universités). Il paraissait donc tout naturel lorsqu’il a été question d’harmoniser les cursus pour permettre les passerelles entre établissements et permettre la mobilité des étudiants de commencer de diplômer à Bac+3 au niveau de l’Université comme la plupart des établissements européens et de ce fait ne pas maintenir les DEUG. Parallèlement il a été demandé aux universités de mettre en place des formations professionnalisantes à Bac + 3. Pour Laura Gandolfi l’idée n’était pas mauvaise puisque les formations courtes étaient couvertes par les BTS et les IUT, le problème c’est que les moyens n’ont pas accompagné la mise en place de nouvelles formations. Ceci ne va pas dans le sens de ce qui a été dit plus haut par M. Gaillard qui pense que l’université n’a pas cette vocation.

Pour Guy il faudrait une véritable réforme du financement des études car pour la grande masse des étudiants il y a un véritable problème. Pour les élèves des classes prépa, pas de problème ceux-ci s’en sortiront, mais entre les entreprises qui veulent des élèves formatés et les universités dont ce n’est pas l’objectif ceci pose un véritable problème.

Pour J.Y. Tousaint il pose la question de savoir si l’on doit être aliéné à l’économie. Former des étudiants à avoir une culture scientifique, c’est penser d’autres modes de pensées, de changer le monde, les « soixante huitars » ont pondu un monde de bourgeois, il nous faut trouver d’autres modes.

JM. Jolion : ce schéma est basé sur le fait que l’on dit que tout bachelier peut trouver une place en fac mais les structures ne sont pas faites pour répondre à cet enjeu, on sait bien que les meilleurs vont en prépa –les autres ailleurs, et malheureusement, la reprise d’études n’existe pas. L’enseignement supérieur se réforme mais si tout se réforme avec les entreprises ou leurs représentants il y aura des échecs. Seulement 15 % suivent des licences pro.



A Lyon 2 jusqu’à l’an dernier on n’arrivait pas à utiliser les bourses de la mobilité car la aussi ce sont les étudiants issus des milieux les plus favorisés qui peuvent partir les autres n’en n’ont pas les moyens.

JY Tousaint : si les gamins font la mobilité c’est qu’ils ont intérêt à le faire. Les gens sont individualistes.

Guy : il y a aussi des enjeux de pouvoir , des difficultés à valider les Unités de valeur quand on va à l’étranger. Il n’y a pas la reconnaissance des diplomes et cela est un frein à la mobilité, si on y ajoute les difficultés de trouver un logement, d’organiser l’accueil, or les communes reportent sur l’état, qui reporte sur les universités…

J.Michel Jolion : lorsque l’état a décidé de faire venir des étudiants ils ont adapté leur cursus mais ne se sont pas occupés de l’accompagnement, ceux qui l’ont fait sont les établissements qui l’ont pris sur leur budget.

Simon : il y a l’observatoire de la vie étudiante qui critique beaucoup le système des bourses. Une allocation pour tout le monde suivant la géographie.

Un parent d’étudiant pense qu’il faudrait pratiquer une certaine vérité des prix et faire payer aux étudiants ce qu’ils peuvent payer.

J.Michel Jolion : soit on permet à tout étudiant d’être indépendant – soit c’est une réforme fiscale d’accompagnement qui permet aux parents de payer lorsqu’ils peuvent . On pourrait très bien faire payer les frais d’inscription à un autre moment que la rentrée alors que les étudiant, à ce moment de l’année doivent payer leur caution de logement, les frais liés à la rentrée.

Une question d’une personne de la salle : y a-t-il des réflexions par rapport à l’enseignement secondaire. Quelles améliorations pour améliorer l’enseignement secondaire et l’orientation ?

En s’appuyant sur la validation des acquis de l’expérience, des élèves sortis du milieu scolaire pourront revenir à l’université. Il faudrait revaloriser le travail manuel par des diplômes.

On nous signale l’exemple d’une filière qui ne fonctionne pas trop mal : AES qui accueille des bacheliers venant d’un bac techno et pour lesquels l’université est capable de trouver des créneaux. Sur le marche de l’emploi ce sont ceux qui se placent le mieux – ils ont une formation polyvalente –dans des délais les plus brefs ils trouvent un emploi.